Jeudi 3 juillet 2008
C'était dans l'air, ça couvait, pour tout dire, ça me démangeait. Aujourd'hui voilà c'est fait, mon nouveau groupe est créé,
"Les Ménétriers de Loreyne"
sont nés.


Cet ensemble de musique ancienne a pour vocation de se consacrer au superbe répertoire des musiques à danser polyphoniques de la Renaissance. D'autres directions musicales sont envisagées, comme certaines musiques plus tardives mais toujours de tradition ménétrière, adaptées pour la formation.

Les Ménétriers de Loreyne se produiront en concert et en bal Renaissance. Composé de quatre musiciens expérimentés dans les musiques anciennes et traditionnelles, le groupe est en train de répéter activement pour monter son programme qui sera prêt fin 2008.

L'ensemble est composé de:
-Isabelle Varela: flûtes à bec, douçaine,
-Nelly Mateos: harpe, nyckelarpa (viole d'amour à clavier),

-Christian Both: violon, alto,
-Arnaud Lachambre: vielles à roue, flûtes à bec, cromorne basse, luth, cistre, guiterne, basse de viole et direction.

Un percussioniste s'adjoindra au groupe de manière ponctuelle, en la personne de Laurent Larbi ou de Jérôme Salomon.




Les premiers morceaux travaillés sont les suivants:
-Première suytte de bransles d'Escosse (Etienne du Tertre)
-Pavane et gaillarde première (Etienne du Tertre)
-Première suytte de bransles (Etienne du Tertre)
-Bizzeria d'Amore (Fabritio Caroso)

Suivront moultes allemandes, voltes, basses danses, aultres pavanes et gaillardes afin de resjouyr oreilles et désengourdir mollets!

Les Ménétriers de Loreyne cherchent d'ores et déjà des engagements pour la saison 2009. Me contacter par ce blog ou par mail: voultejonc@gmail.com ou encore par téléphone: 06 11 64 14 10.
 
par Arnaud LACHAMBRE publié dans : cistres
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Mercredi 21 novembre 2007
Bonjour à tous, voici comme promis les dates de mes prochains concerts, autour du programme "Au Joly Bois":

-Vendredi 23 novembre, 20h30, librairie Passions Communes, 4 rue de l'Eglise, Beignée, 6120 Ham sur Heure (Belgique) COMPLET

-Samedi 24 novembre, 14 h à la médiathèque de Lerrain (88).

+ un autre concert en janvier 2008 (à confirmer) en Suisse romande.

+ concert à confirmer à la Douera, Malzéville (54)

... à bientôt!
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Jeudi 10 mai 2007
Avec un retard incommensurable (du à l'enregistrement et au mixage du nouveau CD des Ménestreux de la Branche Rouge, qui va être de la balle atomique, soit dit en passant!), je crée aujourd'hui un album photos autour du concert de la Médiathèque de Nancy. Allez y donc y faire un tour, et vous extasier devant les bien beaux clichés de Daniel Eugé et de Full Bazar, Messire d'Abeille! (colonne de droite, pour les nouveaux!)...


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Vendredi 29 décembre 2006
Bonjour à tous,

Suite au concert du 14 décembre à la MJC Desforges (Nancy), voici en souvenir quelques photos (clichés de Daniel Eugé).





Je remercie chaleureusement toutes les personnes présentes, pour leur gentillesse, leurs encouragements, leur humour, et la grande qualité d'écoute qui a rêgné dans l'auditorium. Mention spéciale à Jennyfer Desmarets pour son organisation impeccable et son hypocras délectable, à l'équipe de "Celtic Legend" sur Radio Fajet ainsi qu'à Philippe Heinen de France Bleu Sud Lorraine, pour m'avoir reçu dans leurs studios et avoir colporté la bonne parole! Sans oublier Daniel Eugé et Philippe Soles pour leurs talents de photographes, ayant ainsi pallié à l'absence remarquée de L'Est Républicain: "Euh, on n'est pas demandeurs d'articles en ce moment, on a assez à faire avec la Saint Nicolas dans les écoles (!)" (propos hélas authentiques!... Le Saint Nicolas, les chiens écrasés, les combats de chats et les feux de poubelle ont encore de beaux jours devant eux dans les colonnes de "L'Est Répugnant"; la culture, c'est moins sûr...)


Enfin, une nouveauté sur ce blog: je viens de créer des albums photos avec des clichés inédits (voir colonne de droite).

La rubrique "commentaires" en bas de cet article est la vôtre, n'hésitez pas à y laisser votre griffe et vos impressions...

A bientôt.

Arnaud Lachambre

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PS: Prochain concert:
Dimanche 11 mars à 15h à la Médiathèque de Nancy. Concert gratuit.
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Samedi 4 novembre 2006
A vos transistors! :

L'émission "Celtic Legend" sur Radio Fajet m'a fait l'honneur de consacrer son édition du dimanche 5 novembre à mon album "Au Joly Bois" et au concert que je donnerai jeudi 14 décembre à la MJC Desforges de Nancy. Outre les extraits du CD qui ont été diffusés, j'ai aussi joué en direct quelques morceaux de luth et du cistre.



L'émission sera diffusée dimanche 5 novembre de 14 h à 15 h (rediffusion le dimanche 19 novembre, même horaire).



Francis de Radio-Fajet a mis à jour la page Celtic Légende sur le site
internet de la radio : http://fajet.net/?celtic

Et l'émission est disponible temporairement en téléchargement à cet endroit:
http://fajet.net/temp/  - (choisir celtic_legende_59.mp3 taille 137 mo !)

Merci à l'équipe de "Celtic Legend" et à Jennyfer.

Quant à la soirée du jeudi 14 décembre, les occasions d'entendre et de voir luth, cistre, guiterne et vielle à roue dans une ambiance chaleureuse et conviviale, avec collation médiévale et peut être même une petite dégustation d'hypocras (!) sont suffisament rares (en fait ça n'arrive même jamais, heureusement que je m'en occupe, sinon...!) que ce serait pure folie de rester vautré chez soi à regarder la télé comme un veau (de toute façon y'a rien de bien ce soir là!)!!!
Enfin, moi, c'est c'que j'en dis!




Et ce soir (4 novembre), n'oubliez pas le bal folk à Pompey, avec l'exceptionelle reformation de KH'EDAL, mon tout vieux groupe de bal folk que je croyais p'us qu'on rejouerait un jour mais que voilà, c'est reparti comme en 14!...
et les copains d'ELIXIR et LES CULS TREMPéS... Ca promet!
Préventes sur place pour le 14 décembre, en plus, alors, hein!


par Arnaud LACHAMBRE publié dans : cistres
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Lundi 4 septembre 2006



Une brève histoire du cistre
(article paru dans Trad Magazine n°108 - Juillet/Août 2006)
Antiquité et Moyen Age

Nombre d’auteurs des XVI° et XVII° siècles, dans les préfaces de leurs livres de tablature ou dans leurs traités sur les instruments de musique, citent comme illustre ancêtre du cistre la cithare grecque et la lyre romaine. cithare 1Connaissant la haute estime où les hommes de la renaissance tiennent l’antiquité, et leur désir de s’y référer à tout propos de manière parfois caricaturale pour y faire remonter tout ce que leur siècle avait de bon, cette affirmation pouvait prêter à sourire. Pourtant, il semble bien que cette ascendance soit véritable. Le nom d’abord (cistre / cithare), bien qu’il eût pu s’agir d’une attribution abusive, mais surtout des évidences iconographiques et organologiques qui donnent à réfléchir. cithare 2Les cithares et lyres antiques en effet étaient composées d’une caisse de résonance à laquelle étaient fixés deux montants latéraux rejoints au sommet par une barre transversale supportant les chevilles. Les cordes étaient donc tendues sur du vide, comme une harpe.

C’est au cours du Moyen Age qu’un manche a été ajouté, permettant par la réduction de la longueur vibrante d’étendre l’ambitus vers l’aigu. Aucun de ces instruments n’est parvenu jusqu’à nous mais l’iconographie survivante dépeint clairement une cithare à manche, qui selon les cas a conservé ses colonnes latérales (devenues inutiles) ou les présente sous une forme réduite, comme des membres atrophiés. Plus tard, du XII° au XIV° siècles, ont fleuri les citoles, sortes de petits luths de forme variable, qui semblent descendre de ce développement, notamment en ce qu’ils arborent des «ailettes » en haut du corps. Les minuscules colonnettes purement décoratives qui ornent le cistre renaissance sont la dernière trace visible des colonnes de la cithare.

Renaissance

Le XVI° siècle est l’âge d’or des instruments à cordes pincées, qui avec les instruments à clavier sont les seuls à autoriser un seul exécutant à fournir le jeu polyphonique en vigueur à l’époque. Le luth était bien sûr le plus populaire, mais le cistre arrive second pour le nombre de publications, suivi de la vihuela et de la guiterne (ancêtres de la guitare). La musique pour cistre étant souvent, mais pas toujours, d’un abord plus facile que celle du luth, en raison du nombre moindre de ses cordes, d’un manche parfois semi-diatonique et du jeu au plectre (de plume ou de corne). A partir du seizième siècle le cistre peut être défini comme un instrument à fond plat, à chœurs métalliques. On distingue alors :

cistre franco-flamand-un cistre à quatre chœurs, au frettage semi-diatonique (ou chromatique incomplet), largement répandu en France et en Flandres au milieu du siècle (pour lequel en France vers 1550 Adrian Leroy a publié deux livres, Guillaume Morlaye neuf pièces, et vers 1570 l’Anversois Pierre Phalèse a publié plusieurs livres);

Toppel Cythar-des cistres italiens à six chœurs, au frettage chromatique, accordés d’au moins deux manières radicalement différentes (le cistre pour lequel Virchi a écrit une musique très complexe, et le « Toppel Cythar » , objet d’une publication strasbourgeoise de Sixt Kärgel et Johan Dominico Laïs) ;

- le cistre anglais, version réduite et chromatique du cistre franco-flamand, si populaire qu’il s’en trouvait jusque chez les barbiers élisabéthains afin que les clients patientent en égrenant quelques airs à citternla mode (pour lequel furent publiés les excellents livres d’Anthony Holborne (1597) et Thomas Robinson (1609)). Ce dernier a même écrit des pièces pour un cistre à quatorze chœurs. En Angleterre toujours, des instruments élisabéthains comme la pandore ou l’orpharion peuvent être considérés comme des cistres basses. Le ceterone (un  archi cistre ou cistre théorbé) est attesté en Italie au début du XVII° siècle. Il est mentionné par Monteverdi parmi l’instrumentarium requis pour son « Orfeo ». 

Malgré les différences d’accordage, deux constantes étaient l’accord des trois premiers chœurs : mi – ré – sol et la coexistence de cordes aiguës en acier et de graves en laiton. Notons que tous les cistres anciens employaient des frettages non-tempérés de type mésotonique, et pour rendre le meilleur résultat et éviter les intervalles « dangereux », l’écrasante majorité des morceaux était en sol majeur ou mineur.

Epoque classique

Au XVII° siècle, le cistre s’est maintenu en Europe du nord (voir les tableaux de Vermeer) mais a lentement décliné au profit de la guitare baroque. Une forme de cistre a également existé au Mexique. Il a survécu à travers les XVIII° et XIX° siècles en se transformant, changeant de forme, augmentant son nombre de chœurs,, modifiant son cheviller, et on en a fabriqué jusqu’à Prague. Voltaire en personne était un illustre joueur de cistre. Un peu plus tard en France la guitare allemande (cistre à 7 ou 8 choeurs) fait l’objet d’au moins quatre publications rien que dans les années 1770. Ces cistres étaient souvent montés de 4 chœurs doubles et deux basses simples. Ainsi la guitare anglaise est en réalité un cistre, ancêtre des guitares de fado actuelles. Un trait frappant de ces instruments est leur cheviller en éventail, qui s’est perpétué aujourd’hui sur les guitares portugaises et sur certains Waldzither allemands.

Traditions populaires contemporaines

            De nos jours, bien que loin de l’instrument de l’antiquité, certaines formes de cistre se sont maintenues, parfois avec une grande vivacité. Ainsi la guitare portugaise, descendante de la guitare anglaise, est-elle l’instrument roi du fado. La « vraie » guitare « espagnole » se nomme quant à elle « viola » en portugais.

            Moins connus sont les cistres suisses et allemands. Le Toggenburger Halszither à l’aspect très « renaissance » est utilisé dans certaines vallées suisses pour accompagner le chant. Il peut compter jusqu’à 14 cordes.

            WaldzitherEn Allemagne, le Waldzither jouit d’une certaine popularité depuis le XIX° siècle. Il existe en trois tailles et avec des accordages différents (un grand et un petit en sol, et le modèle intermédiaire en do, très semblable à une mandole). Ils sont montés de quatre chœurs doubles et d’une corde basse simple.

            La cetera corse, émanant selon toute vraissemblance des cistres italiens, compperte cependant plus de cordes que la plupart des cistres connus (jusqu ‘à 8 chœurs). Son frettage garde la marque des tempéraments anciens. Elle est de nouveau jouée en Corse après une longue éclipse, sous l’impulsion de luthiers et de musiciens inspirés.

Mandole et mandoline platesOn trouve aujourd’hui en musique irlandaise des instruments dénommés « cittern » (cistre), qui bien que d’un grand intérêt musical sont en réalité plutôt des mandoles à fond plat que des descendants d’une quelconque variété de cistre. Robin Bullock et Gerald Trimble sont deux éminents représentants de ces instruments.



par Arnaud LACHAMBRE publié dans : cistres
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Dimanche 9 juillet 2006


(mise à jour: 20 juillet 2006)

Arnaud Lachambre, musiques de la Renaissance






CD + livret 8 pages avec photos couleurs et notes sur le répertoire.


Ce CD vient d'être récompensé par les "Bravos!!!" de Trad'Magazine.



Le programme du CD :

AU JOLY BOIS
Musique populaire de la Renaissance française

Arnaud LACHAMBRE : guiterne, cistre, luth, vielle à roue

1 Paduane au ioly bois / Paduane (Guillaume Morlaye : Quatriesme livre…1552)

2 Hornepipe d’Angleterre (Guillaume Morlaye : Second livre…1553) G

Ce qui sensuit, est pour iouer sus la Cistre

3 Paduane / Gaillarde / Boufons / Gaillarde

4 Contreclare

5 Matasins

6 3 gaillardes (Guillaume Morlaye : Quatriesme livre…1552) C

7 Tant que vivray

8 Pavane

9 2 haulberroys (Pierre Attaignant : 18 basses danses…1529) L

10 9 branles de Bourgongne (Adrian Le Roy : Premier livre…1551) G

11 Branle de la Haye

12 Branle des chevaulx (Thoinot Arbeau : Orchésographie…1589) V

13 Een venus dierken

14 Ick hadde een ghestadich minneken

15 Een amoureux fiereghelare (Sebastian Vreedman : Nova longeque…1568)

16 Branle hoboken (Sebastian Vreedman : Liber secundus…1569) C

17 Conte clare (Guillaume Morlaye : Second livre…1553)

18 Paduane chant d’orlande

19 Gaillarde (Guillaume Morlaye : Quatriesme livre…1552)

20 Almande.La mon amy la (Adrian Le Roy : Premier livre…1551)

21 La volunté (Guillaume Morlaye : Quatriesme livre…1552)

22 Pavanne

23 Gaillarde (Guillaume Morlaye : Premier livre… 1552) G

24 Basse-dance appellee : Iouyssance vous donneray

25 Branle des sabots / Branle Pinagay (Thoinot Arbeau : Orchésographie…1589) V

26 La Muniere de Vernon

27 Branle simple.n’aurez vous pas de moy pitié (Adrian Le Roy : Premier livre…1551) G

28 Basse dance Sansserre

29 Branle / Branle gay c’est mon amy (Pierre Attaignant : 18 basses danses…1529) L

G : Guiterne, Maurizio Lodi 2002

C : Cistre à quatre chœurs, Ugo Casalonga 2003

L : Luth à sept chœurs, Chris Allen 1997

V : Vielle à roue, Chris Allen 2000





"Un document de référence et une réalisation pleine de charme et de vigueur." (Trad Magazine)

"Pas de souci, Arnaud Lachambre maîtrise son sujet." L'Est Républicain

"Une rare virtuosité..." Le Républicain Lorrain

"Arnaud Lachambre a donné toute sa force à ce concert..." L'Est Républicain

...



Ce CD est disponible contre la somme de 15 euros +3 euros de port, soit 18 euros.
Adressez votre chèque à l'ordre d'Ars Antiqua à:

ARS ANTIQUA
64 rue de l'église
57570 BEYREN LES SIERCK

(France)

Pour tout renseignement, laissez un commentaire en bas de cet article ou envoyez un mail à ausondesluths@gmail.com ; réponse sous 24 heures.

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Et pour les curieux et les courageux qui aiment la lecture, voici :

Le livret du CD

Notes sur le répertoire
 

          Avec l’avènement de l’imprimerie, la musique, autrefois affaire de professionnels (jongleurs, ménestrels), devient soudain accessible à tous. Au 16° siècle on ne compte plus les publications à l’usage tant des amateurs que des professionnels. On a vu se développer une demande inédite vers la musique « domestique », que l-on peut jouer chez soi, en famille ou entre amis, ainsi qu’une véritable explosion de la musique instrumentale, principalement pour le luth (au registre plutôt savant), mais aussi pour ses « cousins » à cordes pincées, la guiterne (ancêtre de la guitare, à quatre rangs de cordes) et le cistre (à cordes métalliques), au registre plus populaire.

          Le luth au début du siècle n’était pas encore l’instrument essentiellement savant et raffiné qu’il deviendra dans les décennies qui suivront. Il était en effet un outil parmi d’autres de la gent ménétrière. Cela détonne franchement du cliché précieux attaché à cet instrument, mais Hieronimus Bosch l’a même représenté entre les mains de mendiants, au même titre que la vielle à roue. Les premières éditions françaises de musique pour luth (1529 et 1530) furent l’œuvre de Pierre Attaignant  « imprimeur du Roy ». « Tres breve et familiere introduction pour entendre & apprendre par soy mesme a jouer toutes chansons reduictes en la tabulature du Lutz… » est comme son nom l’indique un recueil de chansons mises en tablature (comme « Tant que vivray » [7]), c’est à dire de versions instrumentales respectant plus ou moins la polyphonie de l’original, souvent à quatre parties. Le recueil « Dixhuit basses dances garnies de recoupes et Tordions… » est lui consacré exclusivement à la musique de danse. La basse danse est une forme héritée du quinzième siècle et qui a eu cours jusqu’au milieu du seizième siècle, subissant au passage des simplifications de sa structure chorégraphique. Sansserre [28] avec sa mélodie envoûtante et hypnotique, ses formules d’ornementation stéréotypées, en est une parmi les plus archaïsantes. Le recueil contient en outre des pavanes [8], gaillardes (les premières à avoir jamais été imprimées) et diverses formes de branles [9, 29] (simple, gay, de Poictou, haulberroys…) dont les pas sont une des nombreuses composantes de la basse danse. Ces danses mêlent un dessin épuré à une grande hardiesse rythmique. Le branle Haulberroys ou Branle du Haut Barrois (Arbeau) serait originaire de la région de Bar le Duc. Dans l’ensemble, les œuvres publiées par Attaignant sont tout à fait dans la lignée d’une pratique ménétrière du luth, privilégiant l’énergie et l’efficacité rythmique, loin de l’écriture plus savante et alambiquée qui se développera dans la seconde moitié de siècle. Le luth perdant ainsi de son caractère populaire, d’autres instruments plus simples et plus rustiques reprendront ce flambeau, ainsi la guiterne et le cistre.

Les pièces pour guiterne sont extraites des premières parutions françaises pour cet instrument, éditées en 1551 et 1552. Il s’agit des livres de Guillaume Morlaye et d’Adrian Le Roy, tous deux par ailleurs luthistes mais également joueurs de cistre, et compositeurs et arrangeurs pour ces instruments. Elles allient simplicité et raffinement et affichent parfois un contrepoint étonnamment élaboré pour un si petit instrument. Dans le soucis d’une interprétation authentique, j’ai reconstitué les suites de danses que l-on pouvait entendre dans les bals et réjouissances de la renaissance. Ainsi le couple pavane-gaillarde [3, 18/19 et 22/23] est-il une association très fréquente au XVI° siècle, abondamment représentée dans la littérature instrumentale.  Paduane au ioly bois [1] est construite sue la chanson du même nom et s’enchaîne à merveille à une seconde Paduane. Hornepipe d’Angleterre [2]est la plus ancienne musique attachée à cette danse, et il est étonnant qu’elle apparaisse dans une source continentale cinquante ans avant l’impression d’un Hornepype pour cistre par Anthony Holborne en 1597. Paduane chant d’orlande [18] est peut être liée au poème épique d’Ariosto « Orlando Furioso », alors que l’origine de la Gaillarde [19] qui la suit est inconnue. La volunté [21] est basée sur une chanson de Pierre Sandrin. La Pavanne [22] et la gaillarde [23] sont construites respectivement sur les fameux schémas harmoniques italiens passemezzo antico et romanesca. Selon son habitude, Adrian Le Roy a arrangé des timbres de chansons en mouvements de danse : ainsi l’Almande.La mon amy la [20], le branle La Muniere de Vernon [26] et le Branle simple.n’aurez vous pas de moy pitié [27].

Jamais entendue dans aucun enregistrement est la suite des 9 branles de Bourgoigne de Le Roy. Ils sont en effet joués ici en une seule longue suite de près de dix minutes. Cela n’a rien de surprenant par rapport à la pratique de l’époque, et même par rapport à certaines pratiques des musiques traditionnelles d’aujourd’hui (en Bretagne, il n’est pas rare qu’un plinn ou une gavotte atteignent les vingt minutes); en effet Arbeau nous apprend dans son Orchésographie que les joueurs d’instruments avaient coutume d’enchaîner plusieurs branles « de mesures diverses, pesantes ou legieres » (lentes ou rapides), créant ainsi des suites pouvant compter 10 morceaux. Ces remarques s’appliquent il est vrai à des branles nommés « branles de Champaigne couppés » (suite dont Pinagay [25] est le second) et rien ne permet de faire dire à Arbeau qu’il en va de même pour les branles de Bourgognes, traités un peu avant dans son recueil. Cependant d’autres sources vont dans ce sens : Certains auteurs affirment que branles de Champagne et branles de Bourgogne sont deux dénominations différentes pour une même danse. Adrian Le Roy compile ces 9 branles dans cet arrangement pour la guiterne, mais aussi et dans un ordre différent, pour le luth dans son « Premier livre de tablature de luth… 1551», et pour le cistre dans « Breve et facile instruction pour apprendre[…] le cistre …1565». Cela est troublant mais on peut encore penser qu’il ne s’agit que d’un réemploi du même matériel, courant chez cet auteur ; encore que le fait de les nommer « premier, second… » semble bien dénoter l’esprit d’une suite, de même que de les nommer « Neuf branles de Bourgoigne » dans la table des matières, sans les distinguer ni les séparer. Le doute me paraît finalement levé par Sebastian Vreedman, qui dans son livre de cistre de 1569, nomme une suite : « Les6 Branles de bourgoinne », prouvant par l’emploi de l’article défini que l’association de plusieurs de ces branles était pratique courante et connue de tous. En tout état de cause, Adrian Le Roy, s’il est l’arrangeur de cette suite, n’en est peut être pas le compilateur. J’ai donc choisi de jouer ces 9 branles en une suite parfaitement dansable de bout en bout, modifiant à ma fantaisie l’ordre d’occurrence de chacun et variant les tempi pour créer la surprise chez les danseurs et (je l’espère !) ne laisser aucune chance à la monotonie.

               Dans les dernières pages de l’ultime livre de guiterne de Guillaume Morlaye (1552) se trouvent les toutes premières tablatures de cistre jamais imprimées. Elles sont précédées de la délicieuse mention : « Ce qui sensuit, est pour iouer sus la Cistre ». Sachant que Guillaume Morlaye était un homme d’affaires avisé, nul doute que leur inclusion n’avait d’autre but que de faire vendre quelques exemplaires supplémentaires ! La vogue du cistre en France et aux Pays Bas commençait alors à être un phénomène non négligeable, et plusieurs autres publications suivirent, en provenance de France, d’Italie, de Flandres, et au tournant du siècle d’Angleterre. Le cistre pour lequel Morlaye écrit est unique en ce que l’intervalle entre le sillet et la première frette est d’un ton au lieu d’un demi ton ; ceci confirme l’hypothèse d’un proto-cistre qui aurait été plus ou moins intégralement diatonique. Cette tablature comprend 9 pièces seulement,  d’une vigueur et d’une fraîcheur inouies. Une première suite [3] s’ouvre par un couple pavane-gaillarde (cette dernière est connue par ailleurs sous le nom de Cara cosa, une forme de la follia), suivi des Boufons (commençant par la version écossaise«The buffins» tirée du manuscrit Panmure, elle-même ressemblant à s’y méprendre à celle de Le Roy) et d’une gaillarde, tous deux basés sur le passemezzo antico. Puis viens Contreclare [4], une version instrumentale squelettique de la ballade espagnole « Conde Claros » ; une version pour guiterne plus élaborée avec des diminutions figure également sur cet enregistrement (Conte clare [17]). Matasins[5] est un air italien lié à la Commedia dell’arte (Il Mattacino). Pour conclure cette série vient une suite de trois gaillardes, la seconde étant basée sur le passemezzo moderno.

Les publications du flamand Sebastien Vreedman « Nova longeque elegantissima ludenda carmina…1568 »et « Carminum quae cythara pulsantur liber secundus…1569) rassemblent quantité de chants réduits en tablature et de danses en provenance de Flandres, de France, d’Allemagne et d’Italie. Quant on parle de chants, il faut distinguer les chansons à écouter, celles à danser, mais aussi les versions instrumentales dansables basées sur des chansons connues. Ce dernier cas est peut être celui des trois chansons flamandes jouées ici ; en tout cas mon interprétation, inspirée par la rythmique très appuyée du cistre, lorgne vers la danse. Een venus dierken [13]et Ick hadde een ghestadich minneken [14] arborent un mouvement de pavane, alors qu’Een amoureux fiereghelare [15] évoque une allemande.Branle hoboken [16] est une version éclatante et élaborée (avec une troisième partie inconnue et moitié plus courte que les autres, et une variation harmonique sur la première partie) d’une danse publiée par Tielman Susato en 1551, Hobocken Dans, et illustre à elle seule tout l’art du joueur de cistre, qui déplace constamment ses positions d’accord sur toute la longueur du manche.

La vielle à roue à la Renaissance est largement documentée dans l’iconographie, ceignant les reins de mendiants, vagabonds, et autres personnages de fort modeste condition, de préférence aveugles et infirmes. Il n’est donc pas étonnant qu’avec des exécutants si méprisés elle soit également exclue de la littérature musicale, si ce n’est pour nous rappeler qu’il s’agit là d’un instrument impropre à l’harmonie et à la beauté ! Les critiques des snobs et des esprits chagrins de toutes les époques n’ont heureusement que fort peu de poids dans l’histoire des instruments, et n’ont pas empêché la vielle de traverser les siècles et d’être avec la cornemuse l’instrument fétiche des parquets de bal, notamment dans le Centre de la France, où sa pratique connaît aujourd’hui un renouveau et une vivacité du meilleur aloi. Les danses jouées à la vielle à roue sont des extraits de l’Orchésographie de Thoinot Arbeau, la bible des recueils de danses au 16° siècle contenant moult branles dont certains (notamment le Branle des chevaulx [12])sont de nouveau dansés en bal aujourd’hui. Ces danses étaient traditionnellement jouées par les ménétriers lors des bals donnés à l’occasion de mariages, communions, fêtes patronales, foires etc… Le Branle des sabots et le Branle des chevaulx sont des branles morgués, où l-on tape des pieds à l’imitation des chevaux « quand il leur tarde d’avoir leur picotin d’avoine »!  La « Basse-dance appellee : Iouyssance vous donneray » [24] est une manière de boucler la boucle : depuis longtemps passée de mode, un Arbeau vieillissant et et d’être avec la cornemuse l’instrument fétiche des parquets de bal, notamment dans le Centre de la France, où sa pratique connaît aujourd’hui un renouveau et une vivacité du meilleur aloi. Les danses jouées à la vielle à roue sont des extraits de l’Orchésographie de Thoinot Arbeau, la bible des recueils de danses au 16° siècle contenant moult branles dont certains (notamment le Branle des chevaulx [12])sont de nouveau dansés en bal aujourd’hui. Ces danses étaient traditionnellement jouées par les ménétriers lors des bals donnés à l’occasion de mariages,La vielle à roue à la Renaissance est largement documentée dans l’iconographie, ceignant les reins de mendiants, vagabonds, et autres personnages de fort modeste condition, de préférence aveugles et infirmes. Il n’est donc pas étonnant qu’avec des exécutants si méprisés elle soit également exclue de la littérature musicale, si ce n’est pour nous rappeler qu’il s’agit là d’un instrument impropre à l’harmonie et à la beauté ! Les critiques des snobs et des esprits chagrins de toutes les époques n’ont heureusement que fort peu de poids dans l’histoire des instruments, et n’ont pas empêché la vielle de traverser les sièclesnostalgique l’introduira dans son livre dans l’espoir qu’un jour on se rendra compte de la valeur d’une telle danse et qu’elle revivra grâce aux pieds des danseurs et aux doigts des musiciens.


 Pourquoi ce répertoire ? Depuis de nombreuses années, j’étudie, j’interprète et j’enseigne ce répertoire, parallèlement à d’autres styles « connexes » ou éloignés, particulièrement les musiques celtiques gaéliques, orientales, médiévales, jusqu’au « true metal ». Ces différents styles qu’à première vue tout oppose ont en réalité une étonnante variété de points communs : ce sont toutes des musiques de tradition populaire, construites sur un sens modal très fort, une assise rythmique dynamique et efficace, un goût prononcé pour les envolées épiques et virtuoses… Autant de caractéristiques qui sont génératrices d’émotions puissantes, déclencheuses d’un désir de danse ou d’expression corporelle, toutes réactions et perceptions remontant à la nuit des temps, bien plus viscérales que la seule émotion esthétique.

Le répertoire de ce CD est d’une manière générale perçu comme trop brut, parfois trop simple, pas assez savant pour les musiciens issus de l’académisme et des conservatoires, mais de par les instruments employés et le travail de recherche interprétatif, il est trop « classique » pour la majorité des musiciens « folk ». Plutôt que de déconsidérer cette musique en lui reprochant une bâtardise qui n’est en vérité qu’une façade construite sur des préjugés de notre temps (le darwinisme n’est pas une donnée applicable au champ culturel ; Edgard Varèse n’est pas plus (ni moins !) évolué que Guillaume de Machaut !), j’y vois au contraire une terra incognita providentielle que le mouvement de redécouverte des répertoires anciens avait jusque là négligé. Mon travail de recherche dans le domaine des musiques anciennes et populaires trouve sa concrétisation dans ce programme où le mariage de ces diverses façons de « musiquer » est la seule condition d’une interprétation authentique, vivante et ô ! combien dynamique de ces morceaux de pur plaisir, que j’espère partagé…

Arnaud LACHAMBRE


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Dimanche 9 juillet 2006
"Au Joly Bois"

Musique populaire de la Renaissance en France et en Flandres
Arnaud Lachambre : luth, guiterne, cistre à quatre choeurs, vielle à roue.
     Avec l’avénement de l’imprimerie, la musique, autrefois affaire de professionnels (jongleurs, ménestrels), devient soudain accessible à tous. Au 16° siècle on ne compte plus les publications à l’usage tant des amateurs que des professionnels. On a vu se développer une demande inédite vers la musique « domestique », que l-on peut jouer chez soi, en famille ou entre amis, ainsi qu’une véritable explosion de la musique instrumentale, principalement pour le luth (au registre plutôt savant), mais aussi pour ses « cousins » à cordes pincées, la guiterne (ancêtre de la guitare, à quatre rangs de cordes) et le cistre (à cordes métalliques), au registre plus populaire.

      C’est à travers un programme original et inédit mettant en valeur quatre instruments rarement entendus en concert : le luth, la guiterne, le cistre et la vielle à roue, tous de fidèles reproductions d’originaux de l’époque, qu’Arnaud Lachambre vous présente ces airs et ces danses qui firent les riches heures des musiciens de France et de Flandres à la renaissance.

     Les premières éditions françaises de musique pour luth (1529 et 1530) furent l’œuvre de Pierre Attaignant  »imprimeur du Roy ». Ces danses, héritées en droite ligne du 15° siècle, mêlent un dessin épuré à une grande hardiesse rythmique.

      Les pièces pour guiterne sont extraites des premières parutions françaises pour cet instrument, éditées entre 1551 et 1553. Il s’agit des livres de Guillaume Morlaye et d’Adrian Le Roy. Elles allient simplicité et raffinement et affichent parfois un contrepoint étonnamment élaboré pour un si petit instrument. Dans son interprétation soucieuse d’authenticité, Arnaud Lachambre reconstitue les suites de danses que l-on pouvait entendre dans les bals et réjouissances de la renaissance.

      Dans les dernières pages de l’ultime livre de guiterne de Guillaume Morlaye (1553) se trouvent les toutes premières tablatures de cistre jamais imprimées. Il s’agit de 9 danses,  regroupées ici en 3 suites d’une vigueur et d’une fraîcheur inouies. Les publications du flamand Sebastien Vreedman rassemblent quantité de chants réduits en tablature et de danses en provenance de Flandres, de France, d’Allemagne et d’Italie. Arnaud Lachambre en reprend quelques extraits qui illustrent bien l’appétit de ce siècle friand d’ »exotisme » pour les mélodies à la mode dans d’autres contrées, démontrant ainsi qu’une Europe musicale s’est dessinée bien avant l’Europe politique !

      Pour conclure ce programme, Arnaud Lachambre présente un instrument encore plus rare, la vielle à roue renaissance. Sur cet instrument il joue des extraits de l’Orchésographie de Thoinot Arbeau, la bible des recueils de danses au 16° siècle contenant moult branles dont certains sont encore dansés aujourd’hui.

      Le travail et la recherche effectués par Arnaud Lachambre dans le domaine des musiques anciennes et populaires trouve sa concrétisation dans ce programme où le mariage de ces diverses façons de « musiquer » est la seule condition d’une interprétation authentique, vivante et ô ! combien dynamique de ces morceaux de pur plaisir.

Tarif : 400 euros, frais kilométriques en sus.
Contact concert : laisser un message dans la zone "commentaires" en bas de page, ou envoyez un e-mail :
ausondesluths@gmail.com





Les instruments:



Le cistre :




Le cistre est un petit instrument à quatre rangs de cordes métalliques, en vogue aux XVI° et XVII° siècles. Le cistre que j'utilise pour ce concert est un instrument au frettage "chromatique incomplet" en tempérament mésotonique, construit par l'excellent  luthier corse Ugo Casalonga.

Objet de toutes mes attentions depuis plusieurs années, le cistre est un instrument très peu rejoué aujourd'hui. Si le mouvement de redécouverte des musiques et des instruments anciens a beaucoup oeuvré pour le luth, le cistre fait toujours figure de parent pauvre de la famille des cordes pincées. Pourtant l'iconographie de la Renaissance et du XVII° siècle le représente abondamment, et sa pratique comme sa popularité sont attestées par de nombreux écrits. Au seizième siècle, les publications de tablatures destinées au cistre tiennent même le second rang par ordre d'importance après le luth.
Qui plus est, la qualité de sa musique souvent très dynamique, parfois virtuose, servie par sa sonorité cristalline, ne peuvent que m'inciter à explorer son répertoire et à le faire découvrir à un public toujours surpris par sa fraîcheur.


La guiterne :



Comme son nom et son aspect le laissent entendre, la guiterne est l'ancêtre Renaissance des guitares modernes. Beaucoup plus courte et étroite que ses descendantes, la guiterne possède 4 rangs de cordes doubles, sauf la chanterelle qui est simple. Sur l'enregistrement, j'ai utilisé des cordes en boyau pour la pureté de leur son. Je l'ai tantôt rêglée en sol, tantôt en sol #. Le frettage est en tempérament égal, mais le tempérament mésotonique était également une possibilité. J'ai commandé cette guiterne au luthier italien Maurizio Lodi, pour qui c'était seulement le second instrument de ce type. Je tenais cependant à ce que ce soit lui qui la réalise, car j'étais (et je suis toujours) enchanté par la qualité tant de son que d'aspect des guitares baroques et de la vihuela qu'il m'a construites. Cette guitare est très agréable à jouer et la table répond de manière surprenante pour une si petite surface, avec beaucoup de velouté et juste ce qu'il faut de "clinquant"!

Le luth :



Le luth est dans l'inconscient collectif l'instrument emblêmatique de la musique de la Renaissance. Cette image pour une fois n'est pas un cliché, car le luth était au XVI° siècle l'instrument pour lequel on a écrit et publié le plus de musique. Ses grandes possibilités harmoniques en ont fait l'instrument polyphonique par excellence. Il faudra attendre le XVII°
siècle pour que les instruments à clavier (orgue et clavecin) lui ravissent cette position privilégiée. J'utilise un luth à sept choeurs réalisé par Chris Allen, copie d'un instrument de Venere construit à la fin du XVI° siècle. Le répertoire que je joue ne fait d'ailleurs pas appel au septième choeur, qui est un ajoût tardif. Après avoir longtemps joué en tempérament égal (voir "La Magdalena" sur le CD des Ménestreux de la Branche Rouge "Musiques des Cours et des Tavenes"), j'ai finalement opté pour un frettage mésotonique, plus riche en harmoniques, avec cependant un petit "compromis" pour l'accordage (très délicat!) des deux mi bémol en première position. Les cordes sont en fluo-carbone, vieillies naturellement par quatre années de sueur et de poussière!


La vielle à roue :



La vielle à roue renaissance est sans conteste un instrument mystérieux et destiné à le rester, car rares sont les témoignages qui nous sont parvenus sur la pratique de cet instrument aux temps anciens. Et encore sont-ils généralement très méprisants à l'égard de l'instrument, de sa sonorité (impropre à servir l'harmonie) et de ses exécutants (bons à éxécuter justement (!), car ce sont généralement des aveugles et des mendiants, voire les deux à la fois!). Celà n'a pas empêché la vielle, grace à son caractère rustique et rugueux, et à sa relative puissance sonore, d'être un instrument d'extérieur idéal tant pour accompagner le chant que pour mener la danse. Je joue sur une vielle plate, fabriquée également par le merveilleux Chris Allen, qui s'est inspiré pour ce faire de plusieurs modèles du XVI° siècle. Cette vielle magnifique est entièrement bâtie dans un érable vieux de 400 ans qui poussait devant un manoir du Pays de Galles! J'ai le rare privilège d'avoir vu debout l'arbre dont on a fait mon instrument!!! Depuis 7 ans que je tourne sa manivelle, je commence à la sentir se bonifier sérieusement et sa sonorité évoluer petit à petit... Elle est accordée en sol/do et est montée de cordes en boyau. Les sautereaux sont rêglés en tempérament mésotonique.




Une autre vielle Renaissance, copie de l'instrument peint par Hieronimus Bosch dans "Le Jardin des Délices"... entre les mains d'une délicieuse vielleuse!
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Dimanche 9 juillet 2006
Quelques articles...
(mise à jour le 20 novembre 2006)



L'Est Répubicain du 6 novembre 2006


TRAD MAGAZINE, n°108 (Juillet-Août 2006)
Le CD "Au Joly Bois" est chroniqué et reçoit la distinction suprême, les "Bravos!!!" Trad Magazine:



L'Est Républicain, 2 mai 2006,  sympathique article du non moins sympathique Michel Moginot:



Le même, en plus lisible:


Article de M. Michel Moginot, pour l’Est Républicain…

 
 
Ménestrel d'hier et d'aujourd'hui
 

Braves gens voici contée l'histoire de Voultejonc dit le Magnifique, ménestreux de La Branche Rouge mais aussi beaucoup plus contemporaine, celle d'Arnaud Lachambre, professeur de musique à Houdemont et à Pont-à-Mousson. Comme chacun l'aura deviné, les deux ne font qu'un. Sitôt les cours finis, Arnaud redevient, mais n'a jamais cessé de l'être, musicien à part entière.

Dans un genre assez spécial, il faut en convenir, car de guitariste dans un groupe de hard rock, il a troqué sa guitare électrique, voilà quelques lustres, pour la guiterne très lointaine ancêtre de celle-ci. Il voue une véritable passion pour les instruments à cordes pincées mais aussi à la vielle à roue qui elle est un instrument à cordes frottées. Il possède plus de soixante instruments : luths, guiternes, cistres, vielles qu'il a souvent fait fabriquer par de très rares artisans tel Chris Allen, le Gallois d’adoption ou Maurizio Lodil'italien.

 
Musiques celtiques
 
 

Des instruments dont il faut jouer souvent pour qu'ils se bonifient. Devenu un spécialiste des musiques médiévales et de la Renaissance, son travail au sein des Ménestreux de La Branche Rouge a conduit à un CD de musiques dit « Des cours et des tavernes ». Il vient d'en sortir un autre, en solo, celui-ci appelé « Au joly bois, musique de la Renaissance française ». Il s'exprime aussi à travers deux autres formations de musiques celtiques, traditionnelles, irlandaises. Le trio  Lurikeen et le duo Albion avec des musiques irlandaises, galloises, anglaises.

« On connait l'irlandais et le breton, mais il existe d'autres mouvances, ce sont souvent des répertoires inconnus. Au cours de mes voyages en Angleterre, je trouve là-bas des partitions très anciennes qui peuvent pour certaines remonter au Xe siècle avec la tradition bardique de transmission orale, retranscrite beaucoup plus tard avec sûrement des modifications au cours des siècles » précise Arnaud.

 

 

Ce voyage à travers le temps, Arnaud le proposera lundi 8 mai, à partir de 14 h, au Kiosque du Parc de la Ronchère et ceci dans le cadre de la fête de la Rhubarbe.

Il donnera une série de petits concerts quand le claquement des boucliers, le cliquetis des épées, le hénissement des chevaux le lui permettra. Ambiance médiévale garantie.



L'Est Républicain, 25 avril 2006:




L'Est Républicain, janvier 2005 :


En Lorraine n° 3 (septembre-octobre-novembre 2003):




L'Est Républicain, 26 janvier 1999:



L'Est Républicain, 6 septembre 1998:


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Dimanche 9 juillet 2006
Dates des concerts:
(Mise à jour : 20 juillet 2006)

Bleu : programmé
Rouge : nouveau
Vert : passé
Jaune : privé


Région Lorraine :

-Dimanche 7 mai à Houdemont (54) au Parc de la Ronchère entre 14h et 17h, concert "Au joly bois" (cistre, guiterne, luth et vielle).


-Jeudi 14 décembre à la MJC Desforges, auditorium Michel Pierson:
Concert "Au joly bois" (cistre, guiterne, luth et vielle)
18h : Musique en herbe.

21h : Concert
Renseignements : 03 83 27 40 53

Région  Ile de France :

Jeudi 4 mai à La Taverne Médiévale, Caves Saint Sabin, à Paris:
Concert "Au joly bois" (cistre, guiterne, luth et vielle) suivi d'un bal médiéval au son de la vielle.





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